jeudi 1 février 2018

Super lune bleue de sang


À L. de M. M. M.

C'est la veille de l'Imbolc ! :D

Et parlant de veille, comment s'est passée votre nuit, sous la super lune bleue de sang ?

Perso, l'influence lunaire extrême me rend horny little devil lubrique bon petit diable et non lycanthrope : pour moi, chaque fois que Máni trolle Hati aux heures de super lune, de lune bleue, de lune de sang ou, en l'occurrence, des trois à la fois la Nature devient une Carioca sublime au butt de folie qui danse sur fond lundu et baile funk.    

Or, en soi, une super-lune-bleue-de-sang n'est qu'un farabuleux Signe au lieu que le butt d'une Carioca qui danse est l'Immanence divine dans le monde elle-même.

Rendons grâce. Et tâchons de canaliser, vers l'eau lustrale et la pâte à crêpes, ce qu'en dehors d'un surcroît d'endorphines et de souvenirs charmants, il nous reste de cette belle énergie nocturne...

Bon et heureux Imbolc à tous !!!

lundi 29 janvier 2018

Libido Royale

Le roi David et Abishag, par Gustave Moreau

Bénis soient les jours de pluie bien grisâtres et barbants, qui me contraignent, perdu pour perdu, à répondre aux questions laissées en attente dans mon courrier ! 

I

Question de notre amie Hitzuzena : "Y a-t-il, dans l'Edda, une notion de rédemption ?"

Le concept de "rédemption", au sens strict de "re-dîmer", i.e. de racheter, est essentiel au Forn Siðr : tout le principe, absolument fondamental, de Wergeld, qui en est l'application systématique au plan communautaire, découle de l'enseignement suprême de l'Edda : rien n'est irréparable (déduit de Völuspá, 62) tant que l'on est vivant (déduit de Hávamál, 71) et de cet enseignement suprême découle, in fine, au plan temporel, le 23e Précepte : < Les systèmes politiques, économiques et religieux peuvent être détruits et ressuscités par les hommes, mais la mort d’une race est éternelle. >

II

Question d'Anonyme : "Pourquoi faire rimer Garm et Gendarme ? Qui vous défendra, Shumule, quand BLM arrivera devant les grilles de votre château ?" 

J'ai traité de l'opposition Blue Lives Matter / Black Lives Matter, d'un point de vue eddique, dans un texte intitulé Evil is Queer, auquel je vous renvoie, et dont voici le paragraphe portant spécifiquement sur votre question : 

Le binaire « Black Lives Matters vs. Blue Lives Matters » est un piège de l'Ennemi : la Siðvenja interdit les pouvoirs exécutifs et le multiculturalisme.  

Wodenson dit : < Que votre dernier souffle serve à maudire la police, car elle est le meurtrier ultime du peuple blanc > (Police Powers, §20), et le 21e Précepte nous met en garde : < Le peuple qui en autorise d’autres, issus de races différentes, à vivre avec lui, disparaitra, parce que le résultat inévitable de l’intégration raciale est le métissage qui détruit les caractéristiques et l’existence d’une race. L’intégration forcée est un génocide sournois et délibéré, particulièrement dans le cas du peuple blanc, qui constitue aujourd’hui une faible minorité dans le monde. >

Il ne faut donc vouloir ni Garm qui tue Týr (et combien de nos frères en Amérique du Nord ?), ni Surt qui tue Frey (et combien de nos frères en Afrique du Sud ?).

III

Question d'Adalbert : "Le message identitaire ne peut-il pas être présenté aux chrétiens avec les symboles et le vocabulaire dont ils ont l'habitude (comme le fait l'Identité Chrétienne aux USA, par exemple, ou le Sédévacantisme en France ?)

Le cas du christianisme en général est ainsi réglé par Wodenson : < Nous ne voulons pas revenir à ce qui a conduit au problème > (Price of Reality Denial, §3).

Pour ce qui est de l'oxymore "christianisme identitaire", Wodenson dit :  < Dès le commencement, l'Identity a été créée et dirigée par des agents du gouvernement, particulièrement des agents du renseignement militaire. L'Identity neutralise la résistance avec de la double-pensée, poussant les gens à croire que le christianisme et l'Amérique, les bourreaux de leur peuple, sont des entités sacrées à ce peuple. Et, bien sûr, les agents du gouvernement posant aux chefs repèrent toute opposition potentielle. Encore une fois, il se peut que la base et quelques chefs aient bon cœur, mais le résultat est évident. L'Identity a été promue pendant des dizaines d'années, et, durant cette période, notre peuple est passé d'avoir sa chance à la quasi-extinction. > (Now or Never, §9)

Quant aux sédévacantistes, tous ceux dont j'ai eu à subir la proximité étaient, physiquement, des nains eunuques ou des boudins tarés, et, spirituellement, des Gollum ou des Roselyne Groseille. Aucun ne valait même le pshit de Baygon pour le faire fuir.


IV

Question d'Anonyme : "Si vous êtes païen, pourquoi citer l'Ancien Testament ? Et si l'Ancien testament, pourquoi pas le Nouveau ?"

Je m'appuie sur Wodenson : The Testaments (que je me souviens d'avoir traduit en cours) et Now or Never, §11-13, principalement les passages suivants :  

< DIEU a fait les lions qui mangent les agneaux, les loups qui mangent les lapins, les faucons qui mangent les colombes, et ainsi de suite. Il n'est pas question d'"amour, amour, amour", seulement d'une "loi" attestée par l’œuvre du Créateur... la brutale, impitoyable, inflexible loi naturelle, à laquelle toute chose vivante est soumise. Les dirigeants du monde ont accédé à leur position en suivant la philosophie de l'Ancien Testament, lequel place des allégories, des paraboles, des mythes et des légendes dans un cadre historique afin de montrer comment un peuple doit vivre en accord avec les lois de la Nature s'il veut survivre. L'Ancien Testament prône l'expulsion violente ou l'extermination d'autrui afin d'établir des territoires exclusifs. Il prône la fertilité. Il prône la guerre, le pillage, le sexe, et de vivre dans la réalité de cette vie sur cette terre dans le présent... A l'opposé, on enseigne le Nouveau Testament à ceux que l'on doit conquérir et réduire en esclavage. En dépit de quelques efforts maladroits pour relier les Testaments l'un à l'autre, la philosophie fondamentale du premier et à celle du second ce qu'un maître est à son esclave. L'Impérialisme, et son prostitué de cousin l'Universalisme, sont les raisons pour laquelle le Nouveau Testament vint au monde, et ils en sont l'héritage. Soumission et esclavage en sont le crédo. Espoir dans l'au-delà et abandon du combat pour la vie dans cette réalité en sont les poisons. Plaisirs éternels non-mérités en sont les armes de séduction. Le meurtre du peuple blanc en est la conséquence... Aimez vos ennemis, tendez l'autre joue, ne pensez pas au lendemain, rendez à César et ne vous vengez pas sont des exemples de la philosophie suicidaire du Nouveau Testament. >

Voir également Fanaticism of Desperation, §10-11 : < L'Ancien Testament est une religion de fertilité. Il enseigne à prendre le pouvoir, les territoires et les femmes... Sa figure principale est le roi David, dont le nom apparaît plus d'un millier de fois dans l'AT. Incidemment, son nom est aussi hermétiquement disposé : par exemple, David apparaît 88 fois dans le Livre des Psaumes. En dépit de l'incident avec Batshéva (qui se trouve être une parabole pour nous dire que le désir sexuel doit être discipliné), David est un exemple de loi naturelle. Il tue ses ennemis et les ennemis de son peuple. Comme Thór, il tue un géant avec une arme non-orthodoxe. Il défend les territoires de son peuple. Il a des douzaines d'épouses et de concubines et des douzaines d'enfants. C'est un homme ardent de ce monde. Sur son lit de mort, la plus belle vierge du pays lui est amenée dans l'espoir de raviver sa flamme. Si vous, jeunes gens, avez le même genre d'hormones enragées que j'ai eues autrefois, je suis sûr que vous conviendrez que c'est une belle façon de partir. >

Ma foi ! Puisque le Sentier qui, sur Yggdrasil, mène de Yule à l'Imbolc est le Sentier de Peorth ᛈ, rune du Désir, voilà de quoi méditer jusqu'à vendredi ! Je vous souhaite une libido royale et une pluie de bénédictions endiablées !

samedi 27 janvier 2018

Imbolc — 6

Chers Amis,

Un mot très court pour vous signaler que l'adresse email de l'Althing Central de France a changé: toute correspondance doit désormais être adressée à althingcentral@yahoo.com.

Je vous aime. A vendredi ;)

mercredi 3 janvier 2018

Comme une étoile détachée du soleil


Lorsque DIEU a dit : « Que la lumière soit ! » l’intelligence a été faite et la lumière a paru. Or, l’Intelligence que DIEU avait épanchée du souffle de Sa bouche, comme une étoile détachée du soleil, prit la forme d’un ange splendide et le ciel le salua du nom de Lucifer. L’Intelligence s’éveilla et se comprit toute entière en entendant cette parole du Verbe divin : « Que la lumière soit ! » Elle se sentit libre parce que DIEU lui avait commandé d’être ; et elle répondit en relevant la tête et en étendant ses ailes : « Je ne serai pas la servitude ! » « Tu seras donc la douleur ? » lui dit la voix incréée. « Je serai la Liberté ! » répondit la lumière. « L’orgueil te séduira, reprit la voix suprême, et tu enfanteras la mort ». « J’ai besoin de lutter contre la mort pour conquérir la vie », dit encore la lumière créée. DIEU alors détacha de Son sein le fil de splendeur qui retenait l’ange superbe, et en le regardant s’élancer dans la nuit qu’il sillonnait de gloire, Il aima l’enfant de Sa pensée, et souriant d’un ineffable sourire, Il Se dit à Lui-même : « Que la lumière était belle ! » — Éliphas Lévi

Tia l'affirme, qui ne se trompe jamais : l'année 2018 est co-signée par la rune Ehwaz ᛖ. 

Le mot Ehwaz désigne un « Cheval » qui, lorsqu'on l'associe à la « Torche » de Kaunan, devient la monture du Porteur-de-Lumière

Ehwaz annonce donc une brusque irruption d'évènements radieux en 2018 ?!

Bien sûr. Ehwaz est la rune au moyen de laquelle le Soleil a été créé. Tout ce qu'elle annonce est consigné dans la Parole de nos Sages : < Eh byþ for eorlum æþelinga wyn, hors hofum wlanc, ðær him hæleþ ymb welege on wicgum wrixlaþ spræce and biþ unstyllum æfre frofur :  Le cheval est, pour les nobles, joie des princes, un étalon au fier sabot duquel les riches héros discutent lorsqu’ils sont sur son dos, et qui apporte toujours son aide à l’impatient. > 

C'est-à-dire : Ehwaz = noblesse, joie, haute société (princes), phallus (étalon), fierté, richesse, gloire (héros), franchise (héros qui discutent), élévation (sur son dos), aide providentielle.

Le problème est l’association avec Kaunan – nous en avons déjà parlé : si la lumière du Flambeau  – ou l’ombre qu'elle projette au sol – effraie le Cheval, celui-ci expédiera son cavalier dans la boue... En d’autres termes :  l’homme et le monde courent cette année le risque de développer un complexe de Thjazi – ou, plus exactement, un complexe d’Icare.

Icare ? N’est-il pas de mauvais augure de se référer aux Grecs ?

— En l’occurrence, non : Icare était le fils de Dédale, descendant de la famille royale issue d'Érichthonios, arrière-arrière grand-père du roi Priam dont Heimdall, notre père, est le descendant direct à la dix-neuvième génération. Nous cousinons.

Qu’est-ce que le « complexe d’Icare » ?

J’ai écrit à ce sujet, en mars 2014 : 

La Voie du Soleil

« Ma chandelle brûle par les deux bouts ; elle ne passera pas la nuit ; mais, ah, mes ennemis et, oh, mes amis – que sa lumière est douce ! » – Edna St Vincent Millay

Catherine, mon analyste effroyablement inflexible, qui – expliquez ça comme vous pourrez – a une allure folle même lorsqu’elle fait l’éloge de Keith Jarrett (je suis en plein transfert), Catherine, dis-je, prétend que l’homme n’existe qu’en trois modèles – le complexé d’Œdipe, le complexé d’Hamlet, et le complexé d’Icare. En aucun cas, il ne peut être autre chose. Catherine a toujours eu ce côté réducteur – et par « réduc », je veux dire « castra » – qui, chez elle, est tout à fait sexy.

[Rappel des notions de base – le père est solaire, la mère est chthonienne. Œdipe = l’homme qui désire sa mère, et doit donc tuer son père ; Hamlet = l’homme qui détruit sa mère pour venger son père mort ; Icare = l’homme qui, n’ayant d’autre système qu’« aller son chemin d’un cœur léger », finit brûlé par le Père et englouti par la Mère.]

L’épargnant lambda, l’homme du commun, est toujours un Œdipe. Il entretient des « hiérarchies » fictives (c’est-à-dire des systèmes artificiels basés sur le principe de supplantation), se persuade que les gravir constitue le sens même de la vie, et consacre tout ce qui lui tient lieu d’existence à honorer un substitut maternel obèse, appelé « Consommation ».

(Je me rends compte que je hais le peuple, les peuples : ils n’ont pas d’autre façon de s’exprimer que de s’attrouper, parce qu’ils n’ont pas d’âme, d’esprit, de sentiment. Ils n’ont qu’une âme collective et il leur faut des amusements collectifs, des haines collectives – de classe ou de nation. Chaque fois que je suis tenté d’avoir de la compassion pour la plèbe, je lis quelques commentaires au hasard sur Yahoo Info – c’est souverain… Lorsque, ensuite, on vient me tanner avec « les conférences Bilderberg qui ont pour objet d’exterminer les pauvres », je soupire : « si seulement c’était vrai… »)

Les hommes de talents sont des Hamlets, dont la Wille zur Macht ré-agence le monde phénoménal au nom d’idéaux abstraits (« l’Art », « la Cause », « le Bien », etc.)

L’homme d’exception est un Icare qui, sans souffrir de rapports passionnels ou conflictuels avec ses parents, accomplit son Vouloir en toute indépendance, au moins de sentiments – Son parcours est joyeux, son accomplissement orgasmique, et sa fin désastreuse – voir tous les grands hommes – C’est la star au burn out, et l’ange déchu : « la chandelle qui se consume en éclairant les autres ».

Trois névroses, donc, et qui, naturellement, ont été sublimées au plan religieux :

Le Bouddhisme, par exemple, agresse le Père-démiurge (celui qui fait tourner la roue du karma), et cherche à réintégrer le ventre de la Mère universelle, l’heureux néant du Nirvana : il souffre d’un complexe d’Œdipe. Le Judaïsme, qui révère un Père invisible et se venge sur la Mère terrestre (« De mon Judaïsme, j’ai appris que la nature est intrinsèquement mauvaise, et qu’il appartient à l’homme de la réorganiser. » – Jacques Attali), souffre d’un complexe d’Hamlet. Le Forn Siðr, qui conçoit la vie comme un jeu, exalte l’énergie, la beauté, les joies de ce monde – jusqu’au point de rupture, au bûcher funéraire, à la réduction de soi en un tas de cendres que l’on jette à la mer – souffre d’un complexe d’Icare.

Ma foi ! < Tout homme vit pour accomplir son Vouloir > (Oddrúnargrátr, 34) : Icare ne choisit pas entre père et mère. Il ne cherche rien chez eux ; il ne souhaite ni vénérer, ni nuire à qui que ce soit. Tout au plus dirait-on qu’il est curieux, qu’il tente de vérifier la pertinence du conseil paternel — mais cela même n’est pas certain… On sait seulement que, soit par caprice, soit par maladresse, il prend un risque.

Or, qu’advient-il ? Le Masculin le rejette, le Féminin le dévore – les deux conspirent à détruire, chacun à sa manière, celui dont le seul crime est de s’amuser, d’ignorer le sérieux de sa propre situation… Ainsi sont les choses ! Être adulte consiste à devenir hystérique, avare, égoïste, amoureux du drame, assoiffé de pouvoir, menteur, traître, allergique à la vie et à la joie – Icare est le Puer Æternus et le Zugger optimal – c’est-à-dire le seul personnage qui sourit.

En définitive, que prédirons-nous d’une année que signent Ziu, Kaunan et Ehwaz ?... Peut-être : 
Ehwaz : La Vérité éclate ; Ziu : claire comme la foudre au milieu de la nuit ; Kaunan : elle sera notre guide durant les heures sombres.
 Ou encore :  
Ziu : Puisse tout Himinbjorg revenir aux Choses Anciennes ; Kaunan : étudier l'Edda sans relâche ; Ehwaz : parvenir à l’accomplissement du Grand Œuvre, Bien Suprême et Bonheur Parfait.
Ou, enfin :
« Kaunan : DIEU alors détacha de son sein le fil de splendeur qui retenait l’ange superbe. Ziu : Et en le regardant s’élancer dans la nuit qu’il sillonnait de gloire Ehwaz : Il Se dit à Lui-même : « Que la lumière était belle ! »

Soyez bénis à tous les plans imaginables de l'existence.

PS : 2016 était également signée par Ehwaz. Il devrait être fort intéressant de comparer son déroulement à celui de 2018.

mardi 2 janvier 2018

Rune du Jongleur


Tia le dit, qui ne se trompe jamais : la rune Kaunan ᚲ (également appelée Kenaz, Cen, Kauna ou Kaunaz) préside à l'an solaire qui commence – Kaunan ! La rune des magiciens, des cabalistes et de tous ceux qui s'adonnent à l'étude des Choses Anciennes !  Mais également la rune des philosophes et des académiciens – des routards, des spin artists, des gourous manipulateurs vénaux – des usuriers, des pokermen, des psychothérapeutes lacaniens – des hackers, des traders, des animateurs de talk-shows – et, bien sûr, de tous les minables tire-gousset sans envergure : bonneteurs, pickpockets, journalistes, etc.

L'année sera Kaunan, c'est-à-dire hyperconnectée, c'est-à-dire hyperwotanique.

I  
 « Si Wotan présente toutes les caractéristiques de la "Fripouille divine" – fourberie, humour noir, amoralité, sexualité – il est aussi le maître de la communication et du langage spirituel. Il passe constamment des mondes suprasensibles à ceux de l'incarnation, et se tient donc au point de contact des courants de forces perpendiculaires qui forment l'intersection cosmique – la croisée des chemins, symbole du sort de l'homme. Wotan affirme la relation profonde qui unit la communication spirituelle, la divination, et ses propres qualités, particulièrement chaotiques, de "Fripouille". Il est donc l'ambigüité et la multiplicité des perspectives : les connexions nouvelles transforment ce qui est fixe en ce qui est libre, et vice-versa : Wotan fait surgir l'ordre du chaos, et sème le chaos dans l'ordre – ainsi seulement peut-il y avoir évolution. Et l'évolution l'obsède : insatiable, il cherche toujours davantage de connaissance, davantage de pouvoir, davantage de partenaires sexuels – il trouve la faille dans toutes les limites biologiques, sociales ou métaphysiques le passage vers un univers, vers un espace vital plus vaste – sa sexualité exprime son besoin de dépasser constamment les bornes : la création n'est possible que par transgression des structures. Wotan met le sexe au cœur de la spiritualité, non comme pratique mystique (atteindre l'Esprit à travers la matière), mais comme principe immanent de connexion, et mode de Seidr, pratique magique (modifier la matière au moyen de l'Esprit) » – Sir Shumule, Le Feu sous la Glace (janvier 2012).
Kaunan est la rune favorite du grand Wotan, notre maître, parce qu'elle est la rune du discernement intellectuel – et, par conséquent, du discours – et, par conséquent, de la communication – et, par conséquent, des échanges – et, par conséquent, du business – et, par conséquent, du vol.

L'Hydromel Poétique, qui donne accès à toute la Doctrine Secrète, – i.e. à ce par quoi il est possible de se brancher sur les niveaux spirituels les plus élevés, – a été froidement dérobé à Suttung par le grand Wotan, notre maître, afin de nous enseigner que, du Verbe de Sagesse au cambrioleur, il n'y a qu'une différence de niveau : c'est le même Mystère – celui de Kaunan : seul le domaine d'application varie.

Ainsi, Kaunan est-elle appelée « Rune du Jongleur » – et concerne indifféremment celui qui jongle avec les Lettres des Versets Sacrés, celui qui jongle avec les concepts, et celui qui jongle avec l'argent – Kaunan signifie « une torche  », et désigne aussi bien le Bâton grâce auquel Gandalf le Gris expédia le Balrog dans l'abîme que les flambeaux acrobatiquement manipulés par le saltimbanque dont le complice subtilise votre portefeuille.


II
« – C'est là l'humour de Wotan ? – Oui. Le Vieux Maître voit l'univers comme un genre de – disons – gigantesque blague cosmique... – Une blague ?... Toutes ces souffrances, il appelle ça une blague ?!! – Ma foi... Il faut bien qu'une blague soit faite aux dépens de quelqu'un... » – Sir Shumule, La Plus Noire Magie
De Kaunan, nos Sages disent des choses absolument sinistres : < Kaun er barna bǫlvan ; bǫl gørver nán fǫlvan : Kaunan est fatale aux enfants ; la mort pâlit le corps > et < Kaun er barna böl ok bardaga ok holdfúa hús flagella konungr : Kaunan est maladie fatale aux enfants et endroit douloureux et demeure de mortification >. C'est que l'acquisition du discernement intellectuel  – donc du Discours – donc de la pensée objective, binaire, cause de toute Douleur ici-bas – est, effectivement, la ruine de l'esprit d'enfance, l'expulsion hors du Paradis – donc, à terme : la ratio, l'égo, la peur de la mort, etc.  

Mais le Sentier de Kaunan se trouve, sur Yggdrasil, situé au-delà de l'Abîme : le Discours, en effet, est une manipulation du Binaire, qui implique donc, nécessairement, de n'être pas soumis à celui-ci : le Discours n'est, en soi, ni « Bien », ni « Mal » – et le père qui se désole d'entendre son fils proférer un mensonge se réjouit lorsqu'il l'entend manier l'humour et le second degré.

C'est pourquoi nos Sages ajoutent  : < Cen byþ cwicera gehwam, cuþ on fyre blac ond beorhtlic, byrneþ oftust ðær hi æþelingas inne restaþ : Kaunan est, pour chaque vivant, connue pour sa flamme claire et brillante ; le plus souvent elle brûle là où les princes demeurent > : le Discours a pour fonction de transmettre et d'éclairer (deux verbes immédiatement liés à l'idée de « torche  ») ce qu'il y a de plus noble, c.à.d de formuler des paroles d'Edda.


III

Nos Sages enseignent qu'il faut échanger des paroles d'Edda constamment, quelles que soient les circonstances pratiques qui nous entourent, comme il est écrit : < A présent, montons en selle sans tarder : nous discuterons de la race des héros et des hommes qui sont nés de la lignée des Aesir > (Hyndluljóð, 8).

D'autre part, si deux hommes s'assoient ensemble et échangent des paroles d'Edda, la Présence divine réside au milieu d'eux, comme il est écrit : < J'affirme avoir été béni de m'être rencontré avec un autre homme > (Hávamál, 47).

Notez qu'il est question ici de deux personnes au moins. D'où tire-t-on qu'une personne isolée s'adonnant à l'étude des Choses Anciennes en recevra aussi une heureuse rétribution karmique ? Du verset : < Elle était assise solitaire, méditant en silence, lorsque l'Ancien est venu à elle > (Völuspá, 28).

IV

Il y a, dans le Vieux Futhark, deux runes dont les noms font référence au Feu – Kaunan (« torche ») et Sōwilō (« soleil ») – auxquelles il faut ajouter Naudhiz (« mal nécessaire »), puisqu'elle signe le même Sentier que Sōwilō sur l'Arbre-Monde.

Il y a ainsi trois types de Feu : Le Feu Secret (Kaunan), le Feu Lumineux (Sōwilō) et le Feu Sombre (ou utilitaire) (Naudhiz).

Il y a ainsi trois types de Discours : Les paroles d'Edda (Kaunan), la poésie (= parole maîtrisée) (Sōwilō), et les conversations vulgaires (Naudhiz).

Le discernement intellectuel est un mal nécessaire (Naudhiz) pour trouver la vérité (Sōwilō) et pouvoir la transmettre (Kaunan) – remplacez systématiquement « discernement intellectuel » par tout ce qui vous arrive au cours des trois cent soixante-quatre jours à venir, et vous aurez la Clé de 2018.

Bénédictions endiablées.

mercredi 20 décembre 2017

Veille de Yule


Du nom de la Fête qui débute ce soir, on tire le notarikon (acronyme cabalistique) suivant : «Yule Wotan Loðungr Heim », soit : « Yule est où Wotan réside vêtu d'un manteau élimé » i.e. « Se prétendre suffisamment grand ascète pour affronter l'hiver sans un minimum de confort matériel est de l'orgueil à l'état pur » mais aussi : « Voici le temps où la plus Haute Lumière se dissimule sous les oripeaux les plus ténébreux ».

Bon et heureux hiver à tous !

jeudi 7 décembre 2017

Evhemerizer : Lecture préparatoire au Jour des Martyrs


C’est demain le Jour des Martyrs, où nous nous acquittons de l’obligation d’honorer < par-dessus tout ceux qui ont donné leur vie ou leur liberté pour la préservation du peuple > (Pr, 40 ; Co, 8).

L’an dernier, à la même date, j’ai demandé la raison de ce « par-dessus tout » à mon Supérieur dans l’Ordre, qui m’a répondu : « C’est là le véritable sens, et la fonction sacrée, de ce qu’ils appellent évhémérisme ».

Tout le Siðr consiste, en effet, à honorer ce en quoi nos Grands Ancêtres ont atteint au surhumain, et d’ainsi (par le « lien rouge », « l’amour soumis à la volonté » i.e. le grand agent magique du vouloir sous-tendu par l’amour que produit le fait d’honorer) s’attacher à eux, afin que le rayonnement qui procède de leur maeri (mérite, au sens karmique du terme) nous confère le pouvoir d’avancer à notre tour vers un niveau d’existence plus élevé, c.a.d plus inclus dans le Divin.  

En d’autres termes : le Divin crée l’homme au dessous de Lui pour avoir une charnière qui permette à Son énergie de vivifier Erda (la Terre) sans la brûler, l’homme, à son tour, crée des « dieux » au dessus de lui pour avoir des liens (« Ases » signifie littéralement « liens ») qui lui permettent de se connecter au Divin et de se hisser vers Lui.

Bref : DIEU crée l’homme qui crée des « dieux » – avec les plus illustres de ses Ancêtres, s’il est Wotaniste – mais ni plus, ni moins que la « Beliebeuse » avec Justin Bieber ou la « Directionneuse » avec Harry Styles. Une fangirl qui tapisse sa chambre de posters de son chanteur favori est la forme dégradée – excrémentielle –  du Wotaniste qui allume des bougies pour les Ases avant d’étudier. Mais le principe est le même : il s’agit de vivre au maximum en la présence de quelqu’un dont le « voltage » est supérieur au nôtre pour bénéficier de l’influence du rayonnement de sa personne dans notre croissance individuelle.

La partie la plus haute de l’Edda orale est celle des contes. Nous vivons dans un monde de conteurs. Si des extra-terrestres étudiaient notre culture, ils seraient stupéfaits de notre obsession pour la fiction. Nous lisons des romans, regardons des films, nous passionnons pour des feuilletons – aujourd’hui télévisés, autrefois gravés sur les murs… Même < l’Histoire, qu’elle soit séculière ou religieuse, est une fable issue de mensonges égoïstes et promulguée par ceux qui en bénéficient > (Pr, 6), c’est-à-dire une fiction. Depuis l’aube des temps, nous nous servons de contes au sujet de nos aïeux, de nos sages, de nos héros, de nos ennemis, de nos succès, de nos échecs, de nos rêves et de nos cauchemars, pour préserver le passé de l’oubli, enseigner nos valeurs communes, exorciser nos peurs collectives, ritualiser (ordonner) nos existences, transmettre notre savoir et nous amuser. L’homme n’est heureux que lorsque  les choses cessent d’être conventionnelles : c’est la base de tout bon récit – Que faire, lorsque vous êtes donné perdant et devez vous battre pour survivre ? Que faire lorsque les fils de Muspell entrent en guerre et qu’< il n’est plus aucune chose en ce monde qui se révèle sûre > (Gyl 13, 10) ? Quel genre de tempérament, d’honneur ou de sens de la justice avez-vous lorsque c’est Ragnarok et que, par conséquent, < le bon est le bien > (Wodenson, Polygamie, §18) ? C’est là que les choses deviennent intéressantes : le Zugger veut couper court aux sornettes, se lancer des défis, en lancer aux autres, et jouir de la vie.

Pourquoi doit-il, en ce sens, < honorer par-dessus tout > le Jour des Martyrs ? Parce que l’homme est un evhemerizer à qui Wodenson et tous nos Anciens disent : « Mets la barre le plus haut possible ! Quitte à te faire des role models qui, en vertu de l’évhémérisme, deviennent des élaborations jungiennes, fais-les à partir des êtres les plus nobles que tu puisses trouver ! Et les êtres les plus nobles que tu puisses trouver sont ceux qui ont donné leur vie, ou leur liberté, ou leur fortune, pour que l’ahurissant miracle appelé « lignée d’Himinbjorg » ou « peuple blanc » ne disparaisse pas de la Terre ». Alu.

Jeûne facile à tous ! Bénédictions endiablées !