mercredi 1 février 2017

Balancement de l'Ours


Question reçue il y a un certain temps déjà : « Que signifie le balancement pendant les rites (Boð, prière, etc.) ? »

Certains disent que le balancement traditionnel pendant l'Oraison vient de celui que l'on observe chez l'ours figure symbolique du chamane et qu'il est l'origine du surnom Brúnn (= l'Ours), donné au grand Wotan, notre maître (ÓN, 6).  

D'autres, qu'il représente le « vacillement », le « tremblement » de la lance Gungnir, dont le nom signifie : « en train de chanceler ». 

D'autres, enfin, qu'il s'agit d'avoir recours au pouvoir d'Ōthala ᛟ : enflammer le cœur par le mouvement du corps Saγwú : < Agissez toujours comme si vous étiez en état de Uva, et alors la Uva vous sera accordée >.

Premier jour de février ! L'ours balance encore, quant à sa sortie... Mais c'est aujourd'hui la Veille de l'Imbolc : fini le temps où < la nature entière sommeille dans sa chasteté > (Lautréamont) ! A nous, dès demain, le lait et le miel ! à nous les crêpes en abondance !

Joyeux retour au monde. Bonne et heureuse année.

lundi 30 janvier 2017

Lointaine Guérisseuse

 La reine Yseult par Gaston Bussière

Désirer ! Désirer ! Désirer au-dedans de la mort, et non mourir de désir ! La mélodie qui ne meurt jamais appelle à présent avec ardeur, pour le repos de la mort, la lointaine guérisseuse. – Tristan et Yseult, Acte III.

J’écrivais, l’été 2012 – été torride s’il en fut : « Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime... » (Too Much)

On sait qu’au temps des grandes Opérations, les Hugsuðir (Goðar de septième rang) affrontent la plus pénible des privations : la soif, et que les praticiens du Seiðr en général boivent aussi peu d’eau que possible. Il faut être sec et brûlant à l’intérieur pour côtoyer les démons du Niflheim.

Dans ce moment de l'Ascèse, on ne se désaltère qu’à la limite de son endurance. Celle-ci, du reste, augmente rapidement, à mesure que l’on se rend compte, par l’expérience, que ces épreuves solitaires causent un accroissement presque palpable de la force de conviction, du rayonnement, de la personnalité – du magnétisme, en somme.

La soif est le plus grand désir. C’est merveilleux de se languir, d’aspirer, d’avoir soif du Divin.

Plus grande est votre soif, plus grand votre plaisir lorsque vous accédez finalement à l’eau et buvez : le plaisir est, par conséquent, causé par la soif !

Il en va de même dans le cas de la sainte aspiration et de la langueur pour l’Un, qui sont les larmes d’or rouge versées par Freyja, donc la Voie d'accès à Fólkvang.

dimanche 29 janvier 2017

Mille ans


Le signe lunaire du Coq fut créé au moyen de la rune Ak ᚪ, et se rapporte donc à la Fondation d'Yggdrasil, ainsi qu'à l'idée de chêne millénaire : d'où la notion, connue de tous les skrealing d'extrême-orient (et vérifiée, en pratique, dans les cas des empires de Chine et du Japon), selon laquelle ce qui se fonde une Année du Coq dure mille ans Fondez un foyer, une hyrd, une communauté, un clan, une association ou un club cette année.

Ak correspond aussi au centre sexuel du corps et à la messa de Lugnasadh : l'année ne sera pas du tout triste, pour qui choisira de la vivre en mode « la fête tout le jour, l'amour toute la nuit ».  Rappelons que l'óhreint propre au peuple franc se situe précisément à ce niveau-là (« ces barbares francs saliens obsédés par les femmes... » (Grégoire de Tours)), raison occulte pour laquelle le Coq s'est imposé comme notre emblème national.

Saγwú : « Nous ne distribuons pas les cartes, mais nous pouvons plus ou moins bien jouer. » Or nous savons, depuis le 1er janvier, que l'an 2017 est signé par les runes Ul, Ūruz et Dagaz séquence qui peut se lire : « De Thulé, la Gyðja envoie sa Bénédiction » Reste à prier que le Coq dont il est question depuis hier ne soit pas le coq noir d'Éljúðnir (Ak correspondant au Helheim dans l'ordre des Mondes), mais bien Gullinkambi...

Les pokermen disent : « Meilleure est la main, plus elle est subtile à jouer. » Bonne, heureuse et fondatrice année lunaire du Coq de Feu à toutes et à tous ! :D

vendredi 27 janvier 2017

Le Dinosaure et le Caméléon


J'écrivais récemment :  

« C'est le premier principe de l'ethnobiologie que la capacité à survivre ne procède ni de la force, ni de l'intelligence, mais de "l'adaptabilité au changement" (responsiveness to change) : la "sélection naturelle" est exclusivement question de mise-à-jour : si intraitablement racialiste qu'il soit, le psychorigide est un untermensch, une sous-créature scorique vouée à l'extinction. »

A quoi un internaute répondit par la question suivante (dans un tweet supprimé depuis, et que je cite donc de mémoire) : 

« Qu'est-ce ce que cela implique concrètement et des limites doivent-elles être posées à l'adaptation ? »

Il est vrai que le mot « adaptation », qui comporte une nuance d'auto-nivellement résigné, n'est pas la traduction la plus exacte que l'on puisse donner de responsiveness...

« Réactivité », peut-être ?... mais une réactivité dépourvue de rebuffade... Ou alors : « bonne réaction »... « ajustement »...

Baste ! Pour cette nuit, dans l'intérêt de l’Étude, contentons-nous de responsiveness !

Cas fameux de responsiveness 

L'exemple vient de haut : le grand Wotan, notre maître, ne se déplace jamais qu'habillé en clochard, et se fit passer pour un remouleux yéniche, affublé d'un nom malsonnant, lorsqu'il entreprit de commettre le < casse du siècle des siècles > (Kennoal), j'ai nommé le vol de l'hydromel magique Son fils, le surmâle Asa-Thór, dut se travestir en femme pour reprendre Mjöllnir à la cour du roi Thrym...

Nous le savons, parce que Sæmund le Sage a consenti à se faire curé pour pouvoir compiler la Sainte Edda, et Snorri le Grand à se retirer dans un monastère pour rédiger la Gylfaginning.

Citons encore Helgi, tueur de Hunding, qui échappa à ses poursuivants en enfilant des haillons de serve et en se mettant à moudre, comme il est écrit (HH2, 1-4) ; Gísli Súrsson qui, lui aussi, se grima en esclave pour échapper à Börk ; et Håkon Sigurdsson le Puissant qui n'hésita pas, tout Jarl de Lade qu'il fût, à se cacher dans une soue à cochons.

Les exemples de crypto-wotanisme dans les monastères médiévaux sont innombrables, parce que la Siðvenja, en vertu de la Haute Parole < un mort ne peut rien faire > (, 71), autorise toutes les conversions de façade lorsque la vie est menacée ou (s'appuyant sur l'exemple du Skáldskapar Mjaðar) lorsqu'une religion étrangère en position dominante réserve à ses fidèles un accès exclusif aux études, aux professions ou à certains droits de résidence (considérations qui entraînèrent le très célèbre et surréaliste Althing de 999, où les plus grands Sages de l'époque, tous éminents prêtres du Siðr, et Mikill dans l'Edda, s'imposèrent à eux-même l'adoption du christianisme comme religion officielle de l'Islande) C'est ainsi qu'Hildegarde de Bingen, « la dernière Sage-femme », se fit si bien passer pour abbesse tenant son Registre Magique en Lingua Ignota (un alphabet secret, inventé par elle à cette fin) que les chrétiens la canonisèrent...  

Tout cela est pure responsiveness Wodenson (dont la Prophétie de la Pyramide démontre que les traducteurs de la Bible du roi Jacques étaient tous initiés à la Voie Ancienne), Wodenson, dis-je, résume ainsi ce principe essentiel  : < Quand l'ennemi est l'essence même de la fausseté, de la fraude, de la duplicité, de la ruse, de l'illusion, de la traîtrise et du mensonge, il faut affronter la réalité et le battre à son propre jeu > (Hier et Aujourd'hui, § 23).

Cas fameux de non-responsiveness 

Les dinosaures : durs-à-cuire dans leur genre, mais non-viables hors du Mésozoïque ; le requin : épitomé de sur-prédation, qui meurt aussitôt qu'on le sort de l'eau ; Laurent Ruquier qui, si l'on en juge par sa vision de Twitter, possède un minitel et un magnétoscope ; Anne Sinclair commentant l'élection de Trump ; etc.

***

A la question : « Quelle est la compétence indispensable à ceux qui veulent créer et défendre Kinsland ? », Wodenson répond : < L'aptitude à être un caméléon > (Déni de Réalité, §16) Spirituellement, c'est la même chose : le Wotaniste ne résiste ni ne se soumet au changement : il croque dans une pomme d'or et s'approprie la nouvelle formule à la manière de l'alt-right qui, en 2016, transformait systématiquement en slogans pro-Trump les insultes de la partie adverse

Toujours, dans l'Edda, se décèle l'intention de marquer l'anomie supérieure des Sages, irréductibles aux critères logiques et moraux ordinaires. Le grand Wotan, notre maître, est Vegtam, comme il est écrit (BD, 6 ; 13) : un errant, un irrégulier, un « marginal »  si ce mot galvaudé pouvait retrouver un sens. Mais c'est surtout un Magicien, dont le job est le surnaturel, c'est-à-dire < le naturel non encore compris ou révélé > (Pr, 8).

Loi Divine et Loi Naturelle sont Une (Pr, 2) : il s'agit de connaître la Nature, non pour la soumettre ou l'exploiter, mais pour en épouser les Jeux : on retrouve cette « psychosouplesse » dans l'Otswal, où l'intuition et l'expérience, mieux que l'analyse et le raisonnement, permettent de glisser d'une signification à l'autre. 

Ainsi entendu, le langage ésotérique, chiffré, de l'Edda, « langage crépusculaire », langage de Ragnarök, a par lui-même une fonction initiatique, en ce qu'il brouille les repères familiers du raisonnement pour éveiller le chercheur à une vision plus pénétrante. C'est là qu'il devient véritable poésie et, pour qui sait l'entendre, le < langage des oiseaux > que comprit Sigurd, lorsque aussi responsive qu'un Caméléon, il parvint à tuer Fáfnir le Dinosaure.

Bon et heureux Cœur de Semaine à toutes et à tous ! :D 

jeudi 26 janvier 2017

La Voie du Milieu : Invitation à l'Étude


Jóð ól Edda jósu vatni : Edda eut un enfant, qui fut consacré. (Rígsthula, 7)

Edda, première femme qui ait mis un homme blanc au monde, était extrêmement pauvre (Ríg, 4). Il en a été ainsi pour que l'humilité de sa condition équilibre, dans la mémoire de notre peuple, le souvenir de notre origine divine, afin que l'orgueil ne cause pas notre chute.

A quel degré de vanité nous aurait porté, sans cela, le fait que < la beauté de nos femmes, blondes, brunes, rousses, aux yeux verts, bleus ou bruns [soit] le désir de tous les hommes et la jalousie de toutes les femmes  >, comme il est dit (Wodenson, Qui est Blanc, §2)  ?... 

Il y a, cependant, une Voie du Milieu à tenir, entre la modestie héritée d'Edda et la fierté que nous inspire justement Heimdall Hallinskíði, notre père : nous jugeons ridicules les teintures de Beyoncé, Rihanna ou Shy'm, et nous avons tort : teintures, rhinoplasties et dépigmentations ne sont pas seulement des aveux, mais des messages codés : le spectacle un peu freak de ces tentatives est voulu par l’Éternel, afin de nous rappeler notre rang

Descendants biologiques du grand Wotan (et non pas seulement d'Asker et d'Embla, les deux golems conçus dans son laboratoire), nous sommes complètement différents des autres peuples et supérieurs à eux, de même que le grand Wotan est au-dessus de toutes les entités que ces peuples considèrent comme leurs dieux, ainsi qu'il est écrit : < Il préside à toutes choses et, tout puissants que sont les autres dieux, ils le servent tous, tels des enfants leur père > (Gyl 20, 5).

Notre peuple est un peuple béni, splendide, un peuple divin sans aucun doute, et jusqu'aux plus humbles d'entre nous, nous sommes les descendants des Ases. Curieusement, c'est l’Étude de l'Edda — le plus important de tous les ráðumk — qui nous renvoie à notre origine divine, c'est-à-dire à Heimdall. (NB : l'adultère fondateur du peuple blanc, le lien secret entre Heimdall (v.n. 128) et Edda (v.n. 14) = (128—14) = 114 = le Divin (1) au cœur de Son Système (14).)

— Comment sait-on que l'Étude est le plus important des ráðumk ?

— Parce que le grand Wotan, notre maître, a répété vingt fois à Loddfáfnir Inn-Thull, son élève : < Puisses-tu apprendre ces conseils : tu en jouiras, si tu les apprends > (Há, 112, 113, 115-117, 119-122, 125, 126-132, 134, 135, 137) !

— Pourquoi vingt ?

— Parce que, disent nos Sages, c'est cinq fois plus que la Völva n'a prédit le déliement de Fenrir et de Garm (Vo, 44, 49, 54 & 58), de quoi l'on déduit que l’Étude a le pouvoir magique (x 5) d'empêcher la Dystopie Orwellienne et de neutraliser l’État policier — i.e. elle fait échouer la Tyrannie et repousse Ragnarök. Vingt est, d'autre part, le nombre total de doigts sur le corps humain : l'homme blanc ne peut rien faire, ni aller nulle part, s'il oublie son origine divine.

— Pourquoi ?

— Parce que celui < qui ignore son passé gâchera le présent et détruira le futur >, comme il est dit (Pr, 39) : la seule œuvre qui vaille, la seule voie légitime, est celle qui mène au Divin, c'est-à-dire à l'Origine : la seule œuvre qui vaille, la seule voie légitime, est donc dans l’Étude.

— Quel est la meilleure façon d'étudier ?

— Passé halfr, après avoir fait Huð, on éclaire sa table (sur laquelle devait, autrefois, se trouver un crâne humain, en l'honneur de Mímir le Sage) avec des bougies en cire d'abeille, que l'on allume en conviant les Æsir dont on sollicite qu'ils guident l’Étude. Puis on ouvre l'Edda, après avoir dit : < Ráðumk þér, Loddfáfnir, en þú ráð nemir, njóta mundu, ef þú nemr, þér munu góð, ef þú getr >, et  formulé le Vœu : < Que notre Étude soit agréable et douce ! > On lit un Verset, dont on décline les niveaux d’ésotérisme selon la méthode Otswal (litt. « Autorité divine ») : 1. Othilia (« l'Héritière », signification simple et littérale : on cherche à asseoir, à établir en plénitude le sens premier du texte) ; 2. Sunniva (« le Don du Soleil » : sens allusif : on explore les symboles, les insinuations) ; 3. Alfhilde (« Celle qui combat sous la protection des Elfes » : sens caché, en deux parties : Iss [« glace »], le sens révélé par l'exégèse, et Hyrr [« feu »], le sens magique ou mystique). On prolonge l’Étude autant que possible, puis on referme l'Edda en disant « Alu ».

— Pourquoi faut-il « prolonger autant que possible » ?

— En vertu du principe : verse des marmites entières d'hydromel poétique sur la tête de ton élève : il finira bien par en avaler un peu...
                
Alu.